Ce qu'un été en Corse nous a appris sur une autre vie rurale
Avant l'arrivée des lapins et des poules, on a passé une semaine en Corse. Ce que cette autre vie rurale, insulaire, nous a fait voir de la nôtre.
Ce qu’un été en Corse nous a appris sur une autre vie rurale
Il y a trois ans, avant qu’on ait les lapins et avant que le potager ne prenne autant de place dans notre emploi du temps, on est partis une semaine en Corse. C’était encore la période où on pouvait fermer la porte de la longère sans trop se poser de questions. Je repense souvent à ce voyage, parce que c’est la première fois qu’on a vu de près une autre façon de vivre à la campagne, très différente de la nôtre.
Une ruralité de montagne, pas de plaine
En Bretagne, la campagne c’est du bocage, des haies, des champs qui ondulent doucement. En Corse, on a découvert une ruralité complètement verticale : des villages accrochés à flanc de montagne, des chemins qui montent et qui descendent sans arrêt, et une agriculture qui compose avec des pentes qu’on n’imaginerait jamais cultiver ici. Les terrasses de culture, parfois abandonnées et recolonisées par le maquis, racontent une histoire de vie rurale beaucoup plus dure que la nôtre : ici on se plaint du vent et de la pluie, là-bas les anciens ont dû arracher chaque mètre carré de terre cultivable à la pente.
L’eau, une question centrale
Ce qui nous a le plus marqués, c’est le rapport à l’eau. Chez nous, l’eau tombe du ciel toute l’année (parfois trop), et notre système de récupération d’eau de pluie sert surtout à ne pas gaspiller une ressource abondante. En Corse l’été, l’eau se fait rare, les cuves et les citernes font partie du paysage de chaque maison, et les habitants qu’on a croisés géraient leur consommation avec une rigueur qu’on n’a jamais eu à s’imposer. Ça remet en perspective notre propre petit confort breton.
Les petits commerces, un autre modèle
Dans le village où on logeait, près de Bonifacio, il n’y avait ni supermarché ni boulangerie industrielle : tout passait par de petites structures multiservices qui vendaient un peu de tout, de l’épicerie de base aux produits d’entretien. Ce genre de commerce de proximité, qu’on croise beaucoup moins en Bretagne rurale où les grandes surfaces ont pris toute la place, force une autre organisation du quotidien : on achète pour deux ou trois jours, pas pour la semaine, et on apprend vite à se débrouiller soi-même pour tout ce qu’on ne trouve pas facilement sur place. Pour aller plus loin sur cette organisation pratique de la maison au quotidien, quand on doit gérer soi-même l’entretien, les petits travaux et l’aménagement plutôt que de tout déléguer, des ressources généralistes comme utile-bonifacio peuvent apporter des repères utiles sur ces sujets du quotidien.
Ce que ça a changé en rentrant
Ce voyage a précédé de peu notre décision de vraiment se lancer dans l’autosuffisance alimentaire (les lapins, l’agrandissement du potager, les conserves). Difficile de dire si c’est une coïncidence. Ce qui est sûr, c’est qu’on est rentrés avec une idée plus claire de ce qu’on voulait éviter : dépendre entièrement de la voiture pour la moindre course, sans jamais se poser la question de ce qu’on pourrait produire ou stocker nous-mêmes. La Corse nous a montré des gens qui, par nécessité géographique, avaient gardé des réflexes qu’on a nous-mêmes dû réapprendre volontairement en Bretagne.
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Notre organisation actuelle doit sûrement un peu à ce voyage, même si sur le moment on ne l’a pas vu venir. On n’a pas de montagne ni de maquis à Lezavarn, mais la question de ce qu’on maîtrise vraiment de notre approvisionnement, elle, nous a suivis jusqu’ici.
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Maëlle
Installée dans le Finistère depuis 2019, je partage ici les joies (et les galères) d'une vie entre vieilles pierres et potager. Ancien monde, nouvelles racines.


